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Matériel de survie maritime

Un sauvetage récent dans le golf de Porto en Corse nous a rappelé que nous avons un seul moteur sur nos avions et qu'il peut malheureusement tomber en panne...
Dans le cas évoqué précédemment on a, à juste titre, beaucoup parlé de l'habileté du pilote à poser son avion dans la mer déchainée. Ce qui a indubitablement permis à tous les occupants de pouvoir sortir de l'avion avant qu'il ne coule.

Mais on a peu insisté sur la légèreté de l'équipement de survie à bord de l'appareil au moment de la panne. En dehors des gilets de sauvetage règlementaires, ni le pilote ni les passagers n'avaient d'autre équipement pourtant indispensable à la survie et/ou destiné à faciliter leur localisation et leur sauvetage par les équipes de recherche.
Ces naufragés ont eu beaucoup de chance de pouvoir survivre 8 heures dans la mer puis d'être repérés et héli-treuillés vivants. Il s'en est fallu de peu qu'il ne soient pas retrouvés à temps, victimes d'hypothermie.

Un minimum de matériel supplémentaire leur aurait permis d'être repêchés beaucoup plus vite : simple miroir de détresse, balise de détresse personnelle, téléphone satellite dans une housse étanche par exemple.
Si la panne était survenue un quart d'heure plus tard, loin des côtes sans canot il n'auraient probablement pas survécu.

Dans nos Cirrus le problème de l'habileté manœuvrière et la question de savoir s'il faut amerrir face au vent ou parallèlement aux vagues ne se pose pas. Le parachute structurel de notre avion nous garanti pratiquement à coup sûr de survivre à l'impact et de pouvoir nous extraire de l'avion avant qu'il ne coule.
Par contre il ne nous dispense pas d'avoir à bord le matériel de survie minimum pour nous permettre d'attendre les secours sereinement. En mer, même entre Saint Tropez et Calvi les secours peuvent mettre longtemps à nous localiser et nous repêcher. Nous devons avoir les moyens de survivre plusieurs heures voire plusieurs jours pour laisser le temps aux équipes de sauvetage de faire leur travail.

Voici le matériel que j'utilise et que j'emporte pour toutes mes traversées maritimes.

- CANOT DE SAUVETAGE : Tout le monde admet que Winslow est le meilleur en terme de facilité d'emploi et d'opération, de stabilité, de facilité d'entrée, de protection des intempéries, d'habitabilité, de flottabilité et de qualité. Nous avons un "Super-Light DualSafe", 4 places avec canopée et double fond gonflable isolant thermique.

C'est un investissement cher mais toujours bien moindre que n'importe quel instrument d'avionique !

- COMBINAISON DE SURVIE : Après un amerrissage le canot ne protège pas contre l'hypothermie.
Ce tableau provenant des gardes côtes canadiens fait comprendre combien la durée de survie diminue rapidement dans une eau en dessous de 20°C

Le meilleur équipement pour se protéger de l'hypothermie est une combinaison Gore-Tex . Ces combinaisons modernes sont plus confortables que les combinaisons classiques en néoprène, on n'a pas à les enfiler en urgence, on peut les porter dès le décollage. Parce qu'elles n'assurent pas une flottaison, elles ne sont pas une gêne à l'évacuation sous-marine. Elles sont utilisées par la plupart des Forces Aériennes, des Marines Nationales, des Gardes-Côtes et pour le transport en hélicoptère sur les plateformes pétrolières de Mer du Nord.
On doit les porter avec des sous-vêtements chauds appropriés et elles nécessitent d'y adjoindre un gilet de sauvetage. Nous utilisons un gilet de sauvetage HV-35C de chez Switlik.


Pour une protection parfaite, il faut ajouter des gants et une cagoule en néoprène. Un petit tour au Vieux campeur fait l'affaire. Par contre Patrice exagère un peu avec le masque et le tuba, quoique...

PLB : Bien que notre avion soit équipé de sa propre balise Artex ME406, chacun de nous porte sa balise de détresse personnelle. Les balises ACR équipées d'un recepteur GPS sont celles testées et recommandées par Doug Ritter. La balise transmet sur deux fréquences :
- une alerte numérique sur 406 MHz réceptionnée par des satellites en orbite basse. La balise est équipée d'un récepteur GPS fournissant la location pour les équipes de recherche et secours.
- un signal de localisation traditionnel 121.5 Mhz servant au guidage de précision des secours.

RADIO PORTABLE : Rangée dans un sac étanche acheté dans un un Ship Chandler pour la traversée maritime elle permet d'émettre sur 121.5 Mhz quand les secours tournent autour de vous sans vous voir. Le reste du temps on la garde comme radio de secours à bord (un adaptateur permet de s'en servir avec les casques) voire pour demander la mise en route quand on veut économiser les batteries de l'avion sur les gros terrains.
Nous avons choisi l' Icom IC-A5 "Sport". Cette version marche avec des piles alcalines : elle tiennent la charge plus longtemps et sont faciles à remplacer.

TÉLÉPHONE SATELLITE : Bien qu'onéreux à l'achat un téléphone satellite permet de garder le contact dans toutes les régions du monde et dans toutes les situations. Le réseau Iridium offre la meilleure couverture. Avec Patrice pour la traversée de l'Atlantique nous avions choisi le Motorola 9505 que nous rangeons dans un sac étanche pour la traversée. Grâce à un abonnement annuel donnant droit à 500 minutes de communication il nous sert aussi bien en vol qu'au sol dans les régions où la couverture cellulaire est inexistante.

EQUIPEMENT DE SIGNALEMENT : Une fois à l'abris dans son canot quelques équipements de signalement peuvent aider à être vu et sauver la mise :
- un sifflet
- un miroir
- une bande de signalement

DE L'EAU ET DES RATIONS DE SURVIE : Coincés dans les poches de la combinason et du gilet quelques rations alimentaires de survie achetées au Vieux Campeur permettent d'envisager d'attendre un peu sans avoir faim ou soif.

ET ENFIN UNE CHECK-LIST AMERRISSAGE accrochée au canot afin de ne pas improviser dans ces moments de stress...

Fly safe !


Posted 17 Nov 2009 6:02 by Denis Pariente

Comments

Patrice Portmann wrote re: Matériel de survie maritime
on 22 Nov 2009 10:23

Merci pour la photo Denis !!

Spyros Malandreniotis wrote re: Matériel de survie maritime
on 25 Nov 2009 14:54

Many thanks Denis.

We rarely realize how fast hypothermia comes and what it means.

Eric Gigi wrote re: Matériel de survie maritime
on 28 Nov 2009 7:57

Merci pour cette nouvelle contribution Denis.

Personnellement, voici mes "minima" pour une traversée France - Corse :

1) Lorsque la température de l'eau est au dessus de 20°C, gilets, PLB (mais une seule pour 4), miroir, sifflets et fluoresceine.

2) Lorsque la température de l'eau est inférieure à 20°C, la même chose avec location d'un canot car bien que celui-ci n'évite pas une hypothermie, le fait d'être installé à bord ralentit le processus et ses conséquences.

Voilà, ça parait peu vu le matériel évoqué ci-dessus mais on ne peut pas non plus comparer un transatlantique avec un transit Méditerranée -Corse...

Denis Pariente wrote re: Matériel de survie maritime
on 29 Nov 2009 7:49

Eric,

Les 30 ou 40 mn de traversée en Cirrus SR22 entre Saint Trop et la Corse nous donnent à penser que la Méditerranée est simplement une large rivière ! Pourtant il s'agit d'un vaste et hostile désert, même par très beau temps.

Je pense qu'il est indispensable de s'équiper d'un canot de survie pour toutes les traversées vers la Corse, même en été. Suis mon conseil, commande dès maintenant ton Winslow avec canopée et, bien que tu ne t'en serviras jamais, c'est un investissement minime en comparaison de ce que nous dépensons pour faire voler nos avions. Si tu n'es pas convaincu tu dois lire 100 fois ces articles de Doug Ritter : http://www.equipped.org/ditchtoc.htm !!!

A très bientôt de te voir j'espère.

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