Avec le givrage, les orages représentent le plus gros danger que puisse
rencontrer un pilote IFR privé.
Sur les Cirrus nous disposons d'un Stormscope (le WX500) qui est parfaitement efficace et opérationnel.
Le stormscope est un instrument très utile à condition d'en connaître les
limites et de savoir s'en servir... Pour nous pauvres Européens à la traîne technilogiquement (à quand XM weather en Europe !) il constitue la seule défense embarquée contre les orages.
1. En IFR il peut être difficile d'éviter les cunumbs, surtout lorsqu'ils sont
noyés dans la couche.
Le stormscope permet de rester à distance des cellules ou
des lignes de grains.
- Avant de décoller les informations concernant la
convexion et les orages données par MétéoFrance sont malheureusement
inexistantes "en ligne" ou inexploitables pour le pilote !
Inexistantes car MétéoFrance ne fournit pas au pilote (sur Internet) la
carte des impacts de foudre au sol, ni la carte "composite" du radar doppler
(la pluie). Ainsi, à moins d'avoir la chance de pouvoir visiter un bureau météo
sur le terrain avant le départ, le pilote privé ne dispose pas de ces
informations pourtant essentielles au vol.
Inexploitables car sur les cartes TEMSI et sur les METAR et les TAF dès
qu'un risque d'orage existe, les cartes sont remplies par les icônes d'orage et
les METAR et TAF remplis de "Cb prob30". Manifestement, afin d'éviter tout
risque, les fonctionnaires de MétéoFrance ouvrent le parapluie concernant les
orages...le principe de précaution poussé à l'absurde car il rend la prévision
improbable.

- En vol
c'est encore plus simple : nous n'avons, en Europe, aucune information
disponible concernant les impacts, la convexion et leurs mouvements. Le
stormscope est alors notre seule source d'information et de prédiction de la
convexion et des turbulences dangereuses.
Le stormscope est une aide à la visualisation de la position des orages. Ce
n'est pas un radar météo. Il permet de visualiser les éclairs : là où il y
a des éclairs la probabilité de turbulence et de grêle est grande. La détection
des éclairs entre les nuages (pas seulement les impacts avec le sol) permet de
visualiser les T-cumulus même s'il ne pleut pas à cet endroit. Par contre il ne
signalera aucune activité dans une zone de très fortes pluies sans impacts.
Idéalement il devrait être couplé à une image radar ou à une image
doppler...
2. Deux règles absolues doivent être respectées concernant le stormscope
:
- Il ne faut jamais utiliser un stormscope pour se faufiler dans une
ligne de grain.
- Il faut rester à plus de 25 nautiques de toute cellule visible sur
l'écran du stormscope.
En effet le relèvement de l'impact (azimuth) est assez précis par contre la
distance est plus imprécise car elle est calculée grâce à un algorithme à
partir de l'intensité des éclairs.
3. Il faut connaître les symboles sur le display des Garmin 430 :

- éclair : impact survenu il y a
moins d'une minute (en gras si moins de 6 secondes)
- grosse croix : impact survenu il ya plus d'une minute
- petite croix : impact survenu il y a plus de deux minutes
- symbole supprimé si éclair de plus de trois minutes
Le "rate" est le nombre d'impacts enregistrés par minute.
4. Sur un stormscope il existe deux modes de visualisation :
- en mode "strike" tous les éclairs sont dessinés sur l'écran
- en mode "cell" un algorithme réalise une sommation des éclairs afin de les
réorganiser autour d'un seul point d'une cellule.
Le mode "cell" est donc moins sensible, mais délivre une réprésentration plus
précise de l'extension spatiale d'une ligne de grain.
Les cellules peuvent baver...
Cela est dû à l'algorithme de positionnement des éclairs : plus
l'éclair est intense plus il est interprété par le stormscope comme
proche : dans une cellule active où les impacts sont d'intensité
différente les plus intenses apparaissent faussement proches. Le mode "cell"
élimine en partie ce phénomène.
C'est pourquoi j'utilise simultanément le mode "cell" sur le garmin n°1 et le
mode "strike" sur le garmin n°2 lorsque je vole en conditions
convectives.

- Les autres artéfacts responsables de "faux" impacts sont :
- des éclairs en ciel clair :
ils sont répartis de façon aléatoires, disparaissent en mode "cell" et
réapparaissent lentement après effacement
- un phénomène de p-static (orage d'électricté statique dans l'avion en
particulier en traversant de fortes pluies) : les impacts sont visibles
sur tout l'écran, ils ne réapparaissent pas après un effacement
- taxiage au dessus d'un cable électrique enfui dans le sol : disparait
après effacement
- un instrument mal installé, interférant en particulier avec les strobes
D'où l'importance de se servir régulièrement de la fonction effacement.

Ma statégie d'utilisation du stormscope repose donc sur :
- le respect des deux règles fondamentales
- l'utilisation simultanée des deux garmins en mode "strike" et "cell"
- l'utilisation régulière de la touche "clear storm data" :
# pour éminer les faux éclairs, le p-static ou un câble au sol
# pour évaluer l'âge de la cellule en observant la vitesse de réapparition des
impacts
- en me servant préférentiellement du mode "strike" à distance des orages et du
mode "cell" en arrivant à proximité.