1. En IFR il peut être difficile d'éviter les cunumbs, surtout lorsqu'ils sont noyés dans la couche.
Le stormscope permet de rester à distance des cellules ou des lignes de grains.

- Avant de décoller les informations concernant la convexion et les orages données par MétéoFrance sont malheureusement inexistantes "en ligne" ou inexploitables pour le pilote !

Inexistantes car MétéoFrance ne fournit pas au pilote (sur Internet) la carte des impacts de foudre au sol, ni la carte "composite" du radar doppler (la pluie). Ainsi, à moins d'avoir la chance de pouvoir visiter un bureau météo sur le terrain avant le départ, le pilote privé ne dispose pas de ces informations pourtant essentielles au vol.

Inexploitables car sur les cartes TEMSI et sur les METAR et les TAF dès qu'un risque d'orage existe, les cartes sont remplies par les icônes d'orage et les METAR et TAF remplis de "Cb prob30". Manifestement, afin d'éviter tout risque, les fonctionnaires de MétéoFrance ouvrent le parapluie concernant les orages...le principe de précaution poussé à l'absurde car il rend la prévision improbable.

  

 

- En vol c'est encore plus simple : nous n'avons, en Europe, aucune information disponible concernant les impacts, la convexion et leurs mouvements. Le stormscope est alors notre seule source d'information et de prédiction de la convexion et des turbulences dangereuses.

Le stormscope est une aide à la visualisation de la position des orages. Ce n'est pas un radar météo. Il permet de visualiser les éclairs : là où il y a des éclairs la probabilité de turbulence et de grêle est grande. La détection des éclairs entre les nuages (pas seulement les impacts avec le sol) permet de visualiser les T-cumulus même s'il ne pleut pas à cet endroit. Par contre il ne signalera aucune activité dans une zone de très fortes pluies sans impacts. Idéalement il devrait être couplé à une image radar ou à une image doppler...

2. Deux règles absolues doivent être respectées concernant le stormscope :

- Il ne faut jamais utiliser un stormscope pour se faufiler dans une ligne de grain.
- Il faut rester à plus de 25 nautiques de toute cellule visible sur l'écran du stormscope.

En effet le relèvement de l'impact (azimuth) est assez précis par contre la distance est plus imprécise car elle est calculée grâce à un algorithme à partir de l'intensité des éclairs.


3. Il faut connaître les symboles sur le display des Garmin 430 :



- éclair : impact survenu il y a moins d'une minute (en gras si moins de 6 secondes)
- grosse croix : impact survenu il ya plus d'une minute
- petite croix : impact survenu il y a plus de deux minutes
- symbole supprimé si éclair de plus de trois minutes
Le "rate" est le nombre d'impacts enregistrés par minute.


4. Sur un stormscope il existe deux modes de visualisation :

- en mode "strike" tous les éclairs sont dessinés sur l'écran
- en mode "cell" un algorithme réalise une sommation des éclairs afin de les réorganiser autour d'un seul point d'une cellule.


Le mode "cell" est donc moins sensible, mais délivre une réprésentration plus précise de l'extension spatiale d'une ligne de grain.
Les cellules peuvent baver...

Cela est dû à l'algorithme de positionnement des éclairs : plus l'éclair est intense plus il est interprété par le stormscope comme proche : dans une cellule active où les impacts sont d'intensité différente les plus intenses apparaissent faussement proches. Le mode "cell" élimine en partie ce phénomène.
C'est pourquoi j'utilise simultanément le mode "cell" sur le garmin n°1 et le mode "strike" sur le garmin n°2 lorsque je vole en conditions convectives.


 

  • Les autres artéfacts responsables de "faux" impacts sont :

- des éclairs en ciel clair : ils sont répartis de façon aléatoires, disparaissent en mode "cell" et réapparaissent lentement après effacement
- un phénomène de p-static (orage d'électricté statique dans l'avion en particulier en traversant de fortes pluies) : les impacts sont visibles sur tout l'écran, ils ne réapparaissent pas après un effacement
- taxiage au dessus d'un cable électrique enfui dans le sol : disparait après effacement
- un instrument mal installé, interférant en particulier avec les strobes
D'où l'importance de se servir régulièrement de la fonction effacement.

  

Ma statégie d'utilisation du stormscope repose donc sur :

- le respect des deux règles fondamentales
- l'utilisation simultanée des deux garmins en mode "strike" et "cell"
- l'utilisation régulière de la touche "clear storm data" :
# pour éminer les faux éclairs, le p-static ou un câble au sol
# pour évaluer l'âge de la cellule en observant la vitesse de réapparition des impacts
- en me servant préférentiellement du mode "strike" à distance des orages et du mode "cell" en arrivant à proximité.